zaid ouhmad



C’est dans le ksar de Tamttatouchte que Zaïd ouAhmed naquit au début du siècle. Ce redoutable coupeur de route fit régner l’insécurité dans toute la région de 1934 à 1936. Alors que l’Atlas était pacifié et que toutes les tribus avaient accepté la souveraineté du Sultan, il assassina le 1er juin 1935, dans une embuscade, le lieutenant Fromentin du bureau des A.I. de Tassent alors qu’il se rendait, pour le service, à Imilchil et traversait le plateau des Lacs à bord de son véhicule personnel. La tactique employée par le bandit était la même que celle de l’année précédente lorsque le lieutenant Phelippon, adjoint au bureau d’Assoul, fut assassiné le 26 juin 1934. Quelques pierres sur la piste, la voiture s’arrête, l’officier descend pour dégager l’obstacle, une salve, l’officier est abattu et sa voiture incendiée après avoir été pillée. A son actif, il faut ajouter l’assassinat d’un sous-officier, le sergent-chef Tristani, et d’une douzaine de légionnaires et une vingtaine de mokhaznis et de goumiers, tous soldats réguliers du Makhzen. Actions de banditisme, car il n’a jamais participé à un combat, qui valurent à Zaïd ou Ahmed, après l’indépendance, le titre de héros national pour “résistance à l’occupant”. Une insulte faite aux vrais résistants marocains comme Ou Skounti et Asso ou Baslam, Amghar Oufellah des Aït Atta, qui tint tête pendant des mois aux troupes makhzen dans le jebel Sagho, et bien d’autres. Zaïd ou Ahmed fut abattu dans le ksar de Tadafalt, dans le bas Todgha, le 6 mars 1936.
Un rôle déterminant fut joué dans cette affaire par le capitaine Henry qui eut la lumineuse idée d’utiliser ses talents de dessinateur en traçant sur un assez grand panneau le portrait-robot du bandit, tel qu’il découlait des renseignements dont il disposait et qu’il affinait inlassablement au fil des données recueillies. Le portrait ainsi réalisé fut placé bien en vue devant le Bureau du Capitaine. C’est ainsi que le jour vint où Zaïd Ou Ahmed fut identifié par un informateur. Dès lors, les choses se précipitèrent; le ksar-refuge du bandit et de ses complices fut discrètement cerné durant une nuit; sommé de se rendre, Zaïd et ses hommes répondirent en ouvrant le feu. Les forces de l’ordre ripostèrent et tous les forbans furent tués.
Une pyramide de pierres grossièrement taillées, surmontée d’une croix, fut installée sur la piste entre Assoul et le Tagountsa; elle portait la dédicace suivante: “A la mémoire du lieutenant Roger Phelippon, mort pour la France, le 26 juin 1934”.
Articles extraits du journal La Vigie

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